Laos 1 : Sud & Route 13

Lundi 29 février, Route 13, Laos Sud.

Contrairement au sentiment de rupture connu un mois plus tôt entre la Thailande et le Cambodge, le franchissement de la frontière Laotienne nous semble anecdotique. Des forêts sauvages bordent une route goudronnée de facture moyenne, des écoliers en uniforme déambulent sur leur vélo, quelques stations service désuées et maisons sur pilotis jalonnent notre trajet. En clair, un décor très proche de celui que nous venons de connaître pendant 1 mois.

Le Farniente des 4 000 iles

Moins de 30 kilomètres plus loin, nous sommes déjà à bord d’un nouveau longtail boat, voguant timidement sur le tumutueux Mékong à destination de l’une des fameuses “4 000 iles”. Un sac à dos, 2 maillots de bains, un polo, une lampe torche et Nestor au parking du débarcadère, notre cérémonial est bien rôdé, et tout le monde connait son rôle. En 15 minutes et nos tickets en main, nous sommes prêts à embarquer.

Si l’on accepte de qualifier “d’ile” les lopins de terres de 2 mètres carrés, il ne nous semble pas impossible que le Sud Mekong compte en effet quelques 4 000 iles sauvages. Sur les 3 habitées, 2 retiennent notre attention ; Don Det et Don Khone, temples sacrés du “farniente contemplatif” où les véhicules motorisés n’ont pas droit de cité. Un endroit bien approprié pour faire “une pause au calme” après les longues et pénibles distances parcourues ces derniers jours.

Nous choisissons de poser nos bagages dans un bungalow de Don Khône, réputée la plus calme, reliée par un pont français des années 20 à Don Det, et découvrons un endroit idyllique pour notre parenthèse insulaire. Tour des îles à vélo, promenades dans les villages, baignades dans le Mekong, cascades rafraichissantes, couchers du soleil sur les cours d’eau, sieste en hamac et  cocktails vont ryhtmer notre quotidien pendant près de 4 jours. Les enfants sont aux anges, nous aussi, on ne regrette pas l’escapade qui lance notre séjour au Laos en fanfare!

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La Minute d’Histoire : A la découverte des temps perdus

Cerise sur le gateau, ces deux iles sont d’autant plus captivantes qu’elles témoignent d’une page de notre histoire nationale, à 9 700km de la capitale. Sous Napoléon III, le Loas passe également sous protectorat français pour conserver l’accès et l’exploitation du Mekong depuis la Cochinchine (sud de l’actuel viet-nam) jusqu’au comptoir commercial de Chine (Nord Est du Viet Nam). Problème – bien vite découvert par les explorateurs français – , le lit paisible du Mekong se déchaine au niveau des îles de Don Khone et Don Det pour se transformer en de multiples chutes d’eau, rendant alors impossible tout franchissement d’embarcations commerciales. Les Français imaginent et bâtissent alors une voie ferrée (dont un grand pont) qui traversent les 2 iles pour transporter les marchandises par voie terrestre sur ces quelques kilomètres. Par ailleurs, pour sécuriser les rives du Mekong Laotien face à l’envieux Siam (ex-Thailande), ils construisent également 2 cannonnières qui sont spécialement concues pour pouvoir être transportées en un seul morceau sur cette voie ferrée. Ces bateaux s’appellent La Grandière et le Massie (petite pensée pour notre belle-soeur chérie;-).

Carte_KhoneP1010642P1010653P1010645Leur système a faiblement fonctionné quelques années, avant d’être délaissé au profit de la voie terrestre où la Route 13 relie désormais Ventiane au Cambodge.

Pendant la seconde guerre mondiale, les japonais occupent les 2 iles et utilisent les locomotives pour transporter des troupes et des munitions, abandonnant l’ensemble à la fin du conflit planétaire. La voie ferrée tombe alors en ruine et dans l’oubli dès 1945. Les rails sont recyclés en clotures ou maisons, et les locomotives sont détruites ou abandonnées dans la jungle. En 1990, un explorateur français avisé se rend sur les îles, et remet à jour à les vestiges de la voie, retrouvant par la même occasion 2 locomotives quasiment intactes totalement avalées par la végatation. Passionnant.

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Bref, comme vous l’avez compris, nous avons été enchantés par nos quelques jours insulaires, et y recommandons à tous un petit détour dans vos voyages futurs.

Paksé, Bollovens & Compagnons de route

Le pied remis à terre, nous retrouvons notre Nestor et remontons quelques 100 kilomètres pour la ville au charme discret qu’est Paksé, notre base logistique pour 2 jours ; Marché, lessives, bricolage, mise à jour du blog, et quelques parties de badminton avec les prêtres de Paksé qui nous hébergent sur leur parking. Nous en profitons également pour visiter la seule curiosité locale : Wat Phu! Temple d’époque angkorienne dans un site somptueux, il existe même un ancien sentier royal, qui menait directement aux vrais temples d’Angkor. Malgré notre exigence croissante sur les temples, What Phu mérite très clairement le détour.  Nous y rencontrons un couple de Pyrénéens, tout surpris d’être doublés sur la route par un camping car aquitain! Nous passons la matinée dans le temple avec eux, et partageons un excellent moment que nous nous promettons de renouveller lors de notre prochain passage dans la vallée de l’Ossau!

P1010682P1010692P1010687P1010669P1010668C’est également lors de notre escale à Paksé que nous croisons les Pourret, famille de stéphanois qui voyage en Ford Transit aménagé depuis 18 mois, et dont nos routes vont forcément se recroiser lors de notre remontée du Laos.

Une fois notre planifiaction terminée, Nestor nous transporte au coeur des montagnes sauvages pour quelques jours au coeur du plateau des Bolloven. La fraicheur du site a poussé les Français à y implanter la culture du café et du thé, à l’image des anglais dans les Cameron Highlands. Le plateau a conservé cette tradition agricole, mais abrite surtout des sites naturels assez remarquables dont les plus belles chutes d’eau du pays. Nous retouvons les joies de la baignade en eau fraiche (parfois accompagnées d’éléphants…), des bivouacs en pleine nature et passons pas mal de temps avec des backpackeurs. Nous croisons également pour la première fois Stéphane & Natacha, lyonnais de 30 ans qui sillonent le monde avec leur camion de pompier 4×4 depuis près de 2 ans! C’est notre première soirée avec des voyageurs “véhiculés” et nous échangeons tous nos plans, anecdotes, projets etc… Une super soirée qui en appellera d’autres !

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Seule ombre au tableau, nos premiers contacts avec les laotiens est assez frais, et l’argent est partout! Tout est payant : le moindre parking en rase campagne, l’accès aux cascades, les toilettes, la location des pagnes, tout y passe. Celà ne dépasse jamais les quelques dollars, mais on a le sentiment d’être uniquement des billets verts sur pattes, et certains vendeurs ne prennent pas la peine de vous saluer avant de vous annoncer la facture! Bref, une approche moins humaine que les semaines ques nous venons de passer au Cambodge! Il parait qu’ils sont plus sympas au Nord… on verra bien. Celà ne nous empêche pas de profiter à fond de cette escapade naturelle!

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Thakhek & Kong Lor

Nous continuons notre remontée du Laos, et nous dirigeons désormais vers le Centre et la ville de Thakhek, départ d’une boucle dans les falaises krastiques de l’est laotien. Nous retrouvons sur le parvis de l’églsie de Thakhek le curé de Paské, qui nous introduit auprès de l’Evêque Jean-Marie au français plus que parfait! Nous sommes accueillis avec bienveillance, et les enfants sont pourris gâtés par l’Evêque qui leur offre friandises, sodas, petits déj et sandwichs pour toute la famille! L’hospitalité des Laotiens remontent d’un coup dans notre estime 😉

P1010803P1010806La ville qui jouxte le Mekong n’a pas grand intérêt, excepté le coucher du soleil particulièrement beau et rouge à cet endroit !

Nous souffrons beaucoup de la chaleur, il fait en moyenne 38° et la température ne tombe que tard dans la nuit, nos souvenirs de Malaisie et de nos nuits difficiles refont surface… C’est donc au tout petit matin que nous quittons la ville pour les falaises krastiques, et ses sites impressionnants, on se croirait en Thailande, et les falaises apparaissent subitement au beau au beau milieu des champs! Nous visitons d’abord une grotte cachée dont l’accès se situe à 15 mètres de hauteur, et qui a été découverte pas un chasseur de chauve-souris en 2004! La grotte cachait des centaines de statues de Bouddha datées de plus de 600 ans, et dont on ignore quand elles y ont été cachées!

P1010821P1010811P1010812Nous continuons notre périple dans une nouvelle grotte qui suit un cours d’eau et transperce une falaise. Le site n’est ni surveillé ni indiqué, et nous finissons par la découvrir dans la jungle, les pieds dans l’eau, et la frontale sur la tête!

P1010827P1010826P1010828P1010830Il est ensuite temps de faire un grande remontée de 180 km pour aller sur l’un des plus beaux sites du coin : Kong Lor! Pendant la guerre du Viet Nam, les villageois se sont installés dans cette grotte pour fuir les bombardements américains, en s’enfoncant à près de 3 km de l’entrée! Au bout de quelques temps, ils croisent un canard venant du sens opposé, et ont alors compris qu’il y avait une sortie de l’autre côté de la Montagne. 8km plus loin, la grotte et son cours d’eau débouchent en effet sur une vallé cachée où la nature est luxuriante. Ce passage va rapidement devenir l’une des artères principales de la voie Hio Chi Minh!

Nous retrouvons Stéphane & Natasha pour le bivouac, et embarquons sur nos pirogues le lendemain matin. La grotte est plongée dans l’obscurité la plus totale, et malgré nos frontales nous ne voyons rien du tout! En grand habitué, notre pilote fonce à toute allure quitte à frôler des rochers et s’échouer de temps à autres… sensations garanties, et super experience pour tout le monde!P1010835P1010834P1010864P1010846P1010850P1010843

Nous sommes le vendredi 11 Mars 2016, notre tante Framboise est en voyage au Laos, et hasard du calendrier, nous avons une unique chance de la croiser dans la soirée sur Vientiane (la capitale). Nous décidons alors de foncer et d’avaler les 300 derniers kilomètres dans l’après-midi. A l’échelle laotienne, 300 km correspond à 5h30 de trajet dans le Sud, et encore plus dans le Nord…

Nous vous donnons rendez-vous à Vientiane!

A très bientôt,

Ze Great Trip

Une réflexion sur “Laos 1 : Sud & Route 13

  1. Les aquitains de la Vallée d’Ossau vous saluent bien bas après avoir lu votre blog ! Bravo ! Tout le monde a l’air en forme, les enfants mais aussi les parents. Votre route est encore longue, la notre moins, nous sommes à Bagan en Birmanie. Magnifique ! Nos copains bayonnais nous ont rejoint et nous continuons le voyage à 4. Demain nous partons sur le Lac Inle où nous comptons nous poser un peu .
    Nous espérons bien vous voir un jour dans notre Vallee d’Ossau à Louvie-Juzon
    Portez-vous bien et soyez prudents
    Bizzzz

    CVT

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