Thaïlande II – 1 : Chiang, Chiang & Chang

Un dernier pour la route

En ce Samedi 26 Mars 2016, c’est avec une joie non dissimulée que nous dépensons nos tout derniers kips (devise laotienne) dans le dernier magasin avant le passage de la frontière. Les innombrables fois où nous ont été réclamés 10, 20, 30 000 kips pour de funestes motifs ont eu raison de nous, et c’est d’ailleurs devenu une blague courante entre voyageurs ; “Tu me donnes un coup de main? 10 000 kips”, “On se gare ici? 30 000 kips!”.

C’est donc denué de tout Kip que nous nous affranchissons des dernières démarches à l’immigration pour quitter le Laos et « enfin rentrer” en Thailande. C’est alors que, reveillant l’officier des douanes – affublé de son plus beau survêtement – de sa sieste, il nous indique instinctivement que nous sommes Samedi, et que par conséquent il faut donc régler 20 000 kips pour obtenir le tampon de sortie pour Nestor. … Gag. Caméra cachée. Incomprehension. Attaque de diligence. Colère. Esclandre. Je passe par tous les états, et toutes les techniques de comédie, mais le douanier n’en démord pas, me montre ses affichettes, et m’invite à faire demi-tour pour aller retirer dans la ville la plus proche. Ne pouvant cette fois-ci plus retenir ma frustration, et devant l’impatience légitime de la famille à bord de Nestor, je joue mon va-tout et refuse de payer tant que son supérieur ne sera pas venu me dire lui-même qu’il faut payer ce montant. Témoin de la scène, un gradé dans les parages intervient et tamponne notre carnet avec le sourire devant le regard noir et réprobateur de son compère. Il y a donc des officiers agréables dans ce pays… il faut juste bien chercher!

Libérés, délivrés, nous nous lançons alors à l’assaut de la frontière thaïlandaise, ou plutôt du pont qui y mène. “Halte…30 000 kips pour le péage du pont”. Celà n’en finira donc jamais, c’est définitif. La garde-chiourme est encore plus entêtée que le douanier, et nous invite à son tour à faire demi-tour pour aller retirer puis repasser tous les contrôles. Par bonheur, il nous reste quelques baths thailandais dans le fond d’un sac, et notre aimable guichetière les accepte sans broncher.

Nous sommes sur le pont, et nous devons avouer qu’un certain soulagement nous envahit soudain. C’est la troisième fois que nous entrons en Thailande depuis moins d’un an, et on s’y sent déjà chez nous. Après 2 mois passés dans des pays bien plus pauvres, parfois dévastés par l’histoire, nous avons un peu honte de le dire mais la Thaïlande est comme notre Eldorado ; Autochtones accueillants et bienveillants, Bivouacs faciles, sentiment de sécurité permanent, Routes en parfait état, 7-eleven à tous les coins de rues, ou encore plages de rêves. N’en jetez plus, tout est dit.

Chiang, Chiang & Chang

A peine arrivés, nous fonçons à Chiang Raï rejoindre deux familles de voyageurs avec qui nous allons passer un bon bout de temps ; l’escampette(https://escampette17.wordpress.com/) et les Pourret que nous croisons fréquemment depuis le Sud du Cambodge. Notre objectif commun, découvrir ce fameux “Nord de la Thaïlande” que nous ne connaissons pas.

Notre passage à Chiang Raï est assez rapide, le temps de visiter ce très étonnant temple des années 90, réalisés par une star locale au style très loufoque… Une interprêtation très personnelle du bouddhisme!

P1020320P1020326P1020323P1020321P1020319P1020318Il fait plus de 40° ici – température qui ne nous quittera plus pendant très longtemps – et nous tentons de rallier la waterfall d’un parc national voisin. Arrivés trop tard, nous voilà obligés de passer la soirée à l’entrée du parc autour d’une rivière bondée de thaï entrain de festoyer gaiement. Nous nous mêlons à la bonne ambiance, autour de quelques bonnes bouteilles de notre cave embarquée pendant que les nains ont soirée Cinéma à bord de l’escampette.

DSCN2344DSCN2369DSCN2393 (1)P1020466Nous finissons par parvenir au coeur du parc national le lendemain matin, et après avoir cheminé sur un sentier escarpé traversant une jungle luxuriante, nous voilà enfin au pied de cette waterfall (50m) tant desirée.

P1020338DSCN2417P1020341Les heures passent, mais il est déjà temps de reprendre la route pour cette ville dont nous avons tant entendu parler et dans laquelle nous resterons quelques jours ; Chiang Maï, chef lieu de la province du même nom, qui jouxte la frontière birmane.

Nous retrouvons là bas TOUS les voyageurs français que nous connaissons, et même des nouveaux. Nous sommes 7 camions / Camping cars, 14 adultes, 10 enfants et 3 chiens installés dans un terrain vague au charme très discret, mais situé à quelques dizaines de mètres de la sacro sainte vieille ville. Nous baptisons notre campement le French Camping, mais entre nous on ressemble un peu plus aux gipsy kings, les guitares et le talent en moins.

THAILANDE_CHIANG MAI_ (8)12920286_10207599701942696_2391769844177124792_nD’une manière propre à chacun, nous avons tous fait le choix de vivre une tranche de nos vies loin de chez nous, en voyage itinérant, à la découverte du monde. En camion ou en camping car, en famille ou en couple, pour 3 ans ou pour quelques mois, nous partageons tous le même idéal, et la même passion du moment ; vivre l’instant présent.

Les échanges sont riches, les discussions animées, les tuyaux échangés nombreux et les expeditions collectives quelques peu encombrantes. Le tout premier soir, nous ne sommes pas moins de 18 à privatiser un songthaew (taxi collectif à la volée) pour nous rendre au Sunday Night Market. Ce marché hebdomadaire transforme toute la vieille ville en marché ambulant où l’on trouve essentiellement de l’artisanat, des animations de rues, mais également des stands de cuisines locales qu’on partage sur un coin de table dans les cours des temples. L’ambiance est géniale, les gens sont détendus, et la ville brille de mille feux au rythme des innombrables marchands de rues répartis dans les principales artères de Chiang Maï. La vieille ville est encadrée d’anciennes douves, et de quelques restes de fortifications qui parfait son charme.

dscn2478Nous sommes déjà conquis par la ville dans laquelle nous allons passer 5 jours; entre visites des temples historiques, marchés anciens et modernes et passages quotidiens dans les piscines et points d’eau de la ville. Les temples sont magnifiques, et ils abritent des moines en cire bluffant de réalisme. Entre chaque visite, les 40° sont difficilement tenables pour les petits comme pour les grands, et nous ne pouvons passer une journée sans immersion dans l’eau! Clo profite également de la renommée de la gastronomie locale pour enfin faire son cours de cuisine! Elle apprend alors à maitriser le pad thaï, le curry et de nombreux autres plats dont elle veut percer le secret avant notre retour dans l’hexagone.

Après de nombreuses peripéties et grâce à l’immense énergie de leur maitresse respective, nous réussissons à organiser un skype avec les classes de Maxime puis Gaspard. Ils échangent sur le temps passé depuis le début de l’année, s’interrogent mutuellement sur ce qu’ils ont fait pendant ce premier trimestre 2016. On s’apperçoit qu’ils sont aussi curieux des 2 côtés de l’écran!

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Le fait marquant de notre étape restera tout de même la mésaventure d’un couple de voyageurs. Voyageant depuis près de 2 ans à bord d’un ancien camion de pompier (1979), une seconde d’inattention leur a value de coucher le camion sur le bas-côté, endommageant très  fortement le porteur et la cellule. Malgré toutes leurs tentatives, et un conciliabule des mécanos & menuisiers du French Camping, le camion semble vouer à une retraite anticipée. Mais n’étant jamais à l’abri d’une bonne suprise, d’autres voyageurs terminent leur séjour de 20 mois au même instant, et leur vendent alors leur camion pour continuer l’aventure. Etonnement, cet accident a été rapporté par la télévision thaï, et nous sommes très souvent interpellés sur le sujet par des passants aux quatre coins du pays. 

12042725_10207599702222703_7910743567130134763_nP1020375Celà fait enfin 5 jours que nous nous sommes posés après des jours de routes dans le Nord du Laos, et pourtant… on a déjà des fourmis dans les jambes et décidons avec l’escampette de partir faire la boucle de Mae Hang Son et ses (presque) 2000 virages de montagne…

Road 1095, 1 864 curves & Girafes

itineraireLa première étape sera Paï, ville à moitié hippie dont le film chinois “Love in Paï” attire des milliers de touristes asiatiques. Après avoir traversé plusieurs routes très limites, nous installons notre bivouac sur le bord de la rivière et nous lançons dans une soirée crêpes! Pile en face de nous, le champ d’entrainement des chinois voulant louer un scooter ; chutes à répétition (seul ou en couple), coinçage de robes dans la roue arrière, cris appeurés… Le spectacle est édifiant, mais qu’est-ce qu’on rigole…

Nous croisons à nouveau la route de Julien, voyageur ‘yoga guru’ qui nous fait gentiment une initiation à 6h du matin…

P1020477P1020457P1020468P1020470P1020471La ville se cale sur le rythme des hippies, ce qui la rend calme et agréable, mais sans réel interêt touristique ni culturel. En plus, la saison chaude assèche toutes les cascades de la région qui sont l’une des principales activités avec le rafting. Le clou de notre visite sera conteste la découverte du canyon, un sentier de crêtes millénaire impressionnant avec des aplombs de cent mètres! Côté sécurité, c’est l’âge de pierre et la dernière des préocuppations des thailandais, mais la vue et les chemins de terres étroits valent vraiment la ballade.

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***Aparté***

J’ai lu il y a quelques jours dans un grand journal français une liste de conseils pour raconter ses vacances à sa famille et ses amis. Il est écrit qu’il faut éviter d’employer des termes trop excessifs comme ; “magnifique, génial, fantastique, à couper le souffle.” J’ai tâché de m’y conformer le plus possible, mais je crois que ce ne serait pas rendre justice à ce que nous voyons et ceux que nous rencontrons, alors vous nous excuserez les fautes de style et les formules trop enthousiastes, mais c’est la meilleure façon de vous transmettre nos impressions.

Nous continuons notre boucle via Tham Lod, grottes millénaires au coeur d’un parc national que nous découvrons à bord de radeaux de fortune. Nous prolongeons l’experience aquatique avec la stack line de Jean-Marie, où toute la famille Pâquier s’avère extrêmement dénuée de tout talent. Pas un pour rattraper l’autre. A la rentrée, installation de stack dans le jardin et entrainement pour tous.

Il est trop tard pour reprendre la route, le bivouac est installé en quelque secondes, école puis cinéma pour les enfants, compétition de fléchettes puis diner pour les parents, il faut admettre que la vie est douce et peu contraignante…

Aux premières lueurs de l’aube, nous reprennons la route, toujours plus loin, toujours plus tortueuse, mais les paysages qu’elle offre sont magnifiques.

dscn2585P1020526P1020525Croyant nous rendre au Country Club de Mae Hang Son pour un bain (et bataille) de boue collectif, nous réalisons que la chose se prend au sérieux, et que le soin est individuel avec une boue faite main à l’occasion. Nous nous rabattons donc sur la piscine thermale d’eau chaude (33°), dont la sensation reste toutefois particulière. Il est également l’heure de faire nos adieux à la famille Pourret qui rentre en France.

P1020535THAILANDE-sur la route de Mae Hong Son (8)Nous arrivons enfin à mi-parcours de la boucle, dans la ville de Mae Hang Son, à l’opposé même de Chiang MaÏ, et trouvons un super bivouac au bord du lac avec la bénédiction de la police locale. Pourtant, en début de soirée, le motard policier revient un peu dépité pour nous dire que la voisine est inquiète pour les odeurs d’échappements, puis prétexte les odeurs d’huile quand on lui dit qu’on ne bouge plus. Bref, j’ai le droit à un tour derrière la grosse cylindrée du policier pour repérer un bivouac plus appropié, ce sera le terrain d’une école. Nous sommes au mois d’Avril, et les écoliers sont en vacances. C’est d’ailleurs l’occasion pour tous les villageois et minorités etniques alentours de descendre à Mae Hang Son pour fêter les “novices” ; Jeunes enfants qui prennent l’habit bouddhiste pour rentrer à l’école de Bouddha, et que l’on maquille comme des filles comme celà s’est toujours fait en Birmanie voisine. Le lendemain matin, nous avons d’ailleurs la chance d’assister à cette fête dans l’un des temples, au moment de notre ascension du plus haut temple bouddhiste de la ville.

P1020566 (1)P1020539P1020542P1020551P1020559P1020554P1020545P1020547P1020549P1020561 (1)P1020562Nous faisons également un passage dans un village de l’ethnie Padaung Karen, plus connues sous le nom de femmes girafes. C’est une ethnie chassée de Birmanie par la junte miltaire au début des années 90, et qui est tolérée en Thailande sans toutefois pouvoir ni bouger de son village, ni obtenir de régularisation.

La visite me met mal à l’aise, le village est tout petit et consiste en une allée d’étales d’artisanat pour lequel nous payons l’accès. Nous sommes là pour regarder ces femmes et leurs colliers qui affaissent leurs épaules, alors qu’elles essayent de nous vendre leur marchandise… Situation caucasse mais qui semble ne déranger personne.

P1020571P1020580P1020576P1020589Nous passons notre seconde nuit à Mae Hong Son en allant nous percher sur la montagne du temple. La vue y est belle et l’air plus frais. C’est le jour des travaux pratiques pour Clo qui nous fait son premier Pad Thai depuis son cours de cuisine! Le résultat est top, nous voilà rassurés pour notre retour en France!!

P1020588THAILANDE-MAE HONG SON (22)Nous tirons ensuite le trait jusqu’au Sud de la boucle de Chiang Maï, dans le parc national de Salawin, une nouvelle fois mitoyen avec la Birmanie. Nous y passons une nuit des plus calmes, seuls avec les rangers, et entreprenons une randonnée de 2 heures au lever du jour. Nous sommes à la fin de la saison sèche, et les brulis (éco-buage) battent leur plein. Quasiment toute la forête est brulée, nous enjambons même des cendres encore fumantes. Le sentier est très mal balisé, mais après pas mal de tentatives, nous retrouvons nos maisons roulantes.

P1020604P1020600P1020607P1020609 (1)P1020612P1020613P1020616 (1)Nous concluons notre boucle nordique par un arrêt baignade dans des gorges où le courant est assez fort et l’eau dans les 30°, ce qui est à peine raffraichissant quand l’air est à 45° à l’ombre! Pas étonnant de se retrouver à notre bivouac devant ce qui devait être un lac, mais qui est aujourd’hui totalement à sec!!

P1020618P1020621P1020625Nous engageons désormais notre descente vers le Sud et les plages de rêve avec deux arrêts intérmédiaires au programme ; Lop Buri (la ville des singes) et Ayuttahya (l’ancienne cité royale, le “Angkor” thaïlandais). C’est ici que nous quitterons la famille Bonnaud / Escampette.

Nous sommes le 7 avril 2016, nous fêtons aujourd’hui notre 10 000ème kilomètres avec Nestor depuis notre départ de Malaisie début Janvier. Un parcours sans faute à ce jour! Nous vous donnons désormais rendez-vous dans quelques jours pour la suite de nos aventures.

Ze Great Trip

 

 

 

4 réflexions sur “Thaïlande II – 1 : Chiang, Chiang & Chang

  1. nazr

    hi dude..where are you now?still in malaysia? we meet at pantai bukit kluang terengganu malaysia yesterday when your caravan stuck in sand at beach,remember?
    im just read your web site..really cool..
    by the way..plez accept my FB request..W Ree Naz and my frend Hafizzudin amlin.
    We hope your family enjoy the trip..and drive safely !*:D

  2. Roland

    Bonjour toute la famille!
    Quel régal de vous lire, de voir ces photos, de vous voir en tenus estivale alors que nous en sommes loin!
    Vous avez le droit de dire que ce que vous faites est fantastique, car j’en suis sûre, les paysages sont somptueux! Tout autant que le cirque de Gavarnie que vous retrouverez avec plaisir… Etes vous à moitié chemin? Déjà? O temps suspends ton vol!!!
    Les roland vont bien, vous accompagnent avec envie sur votre belle route.
    La bise parisienne

  3. Baroux

    Que vous allez l’air bien !! Nous avons adoré Chiang Mai , la région est magnifique, les escapades fabuleuses (zut, pas le droit de le dire). Que vous nous faites envie !! Amusez vous bien encore et encore !! Nous vous embrassons. Les Baroux

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